Télécoms : Bitam, théâtre d’un accord stratégique entre le Gabon et le Cameroun pour harmoniser les fréquences transfrontalières
Dans un contexte où la connectivité numérique devient un enjeu géopolitique et économique majeur, le Gabon et le Cameroun ont franchi une étape déterminante ce lundi 4 août 2025 à Bitam. Les deux pays voisins ont procédé à la signature d’un protocole d’accord sur la coordination des fréquences radioélectriques, un geste hautement symbolique qui traduit une volonté commune de bâtir une souveraineté numérique partagée.

Une réponse concertée à une décennie d’interférences
Depuis plus de quinze ans, les populations de la zone frontalière, notamment à Kyé-Ossi, subissent les effets d’un brouillage récurrent des réseaux télécoms. Ces perturbations intempestives et cas d’itinérance accidentelle ont fortement nui à la qualité du service, à la sécurité des communications, et à la stabilité des infrastructures numériques. Face à cette situation, les autorités de régulation des deux pays ont entamé, dès 2022, un dialogue technique soutenu, culminant avec l’accord signé aujourd’hui.
Un pacte pour l’efficacité numérique et la coopération transfrontalière
La signature du protocole par Célestin KADJIDJA, Président du Conseil de Régulation de l’ARCEP Gabon, et son homologue camerounais, Directeur Général de l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), marque l’entrée dans une nouvelle ère de coopération technique. L’objectif : instaurer un cadre structuré de coordination des fréquences, minimiser les interférences et assurer une couverture télécom homogène, notamment dans les zones rurales et frontalières.
Cet accord repose sur deux piliers essentiels :
- L’interconnexion accrue entre les systèmes de télécommunications des deux pays, afin de favoriser une meilleure circulation de l’information.
- L’harmonisation des réglementations, pour garantir un cadre juridique et technique cohérent de part et d’autre de la frontière.

Une ambition numérique tournée vers le développement
Au-delà des aspects techniques, cet accord s’inscrit dans une vision stratégique de développement durable et de transformation numérique. Les télécommunications sont aujourd’hui un levier incontournable de croissance, d’intégration régionale, et d’amélioration des conditions de vie des populations. Le protocole signé à Bitam représente donc une avancée diplomatique et un engagement mutuel en faveur d’une économie numérique inclusive.
Selon les autorités, des résultats concrets sont attendus dans les prochains mois : cartographie commune des fréquences, mécanismes d’alerte en cas de perturbations, déploiement d’outils de surveillance technique et renforcement des capacités humaines.
Bitam, symbole d’un avenir connecté
Que la cérémonie se tienne à Bitam n’est pas anodin. Ville frontalière stratégique, carrefour entre le Nord Gabon et le Sud Cameroun, Bitam illustre les enjeux et les opportunités de la coopération transfrontalière. En accueillant cette signature, elle se positionne comme un pôle d’innovation numérique et un terrain d’expérimentation pour des initiatives régionales ambitieuses.
Ce partenariat est aussi une démonstration que les défis du numérique en Afrique centrale appellent des solutions collectives. En conjuguant leurs expertises, le Gabon et le Cameroun tracent les contours d’une diplomatie technologique axée sur l’interopérabilité, la confiance et la souveraineté numérique régionale.

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